Anthony Masure

chercheur en design

Objet mentionné :
« Instagram »

Publications

Singulariser le multiple : les NFT artistiques entre spéculation et redistribution

Date

novembre 2021

Type

Publication

Contexte

Article rédigé avec Guillaume Helleu pour la revue de recherche Multitudes.

Résumé

Cet article explore les enjeux des technologies blockchain dans le champ de la création (art, design, jeu vidéo, etc.) à travers le développement, depuis 2015, des « Non Fungible Tokens » (NFT) – à savoir la production d’un certificat numérique infalsifiable et décentralisé attaché à une entité numérique ou tangible. Mis en lumière depuis le début de l’année 2021 par une multitude de ventes aux sommes record et par le développement de places de marché spécifiques, les NFT soulèvent des enjeux relatifs à la valeur, à la circulation et à l’exposition des productions artistiques et culturelles.

D’un Web omniprésent à des pratiques plurielles

Date

mai 2015

Type

Publication

Contexte

Anthony Masure, « D’un Web omniprésent à des pratiques plurielles », compte-rendu de la conférence de David Larlet aux Rencontres de Lure 2014, Lurs, Après\Avant, no3, mai 2015, p. 52-53

Résumé

David Larlet est artisan, contributeur et citoyen. Un Web sous contrôle Qui a un compte Gmail, Facebook ou Instagram? C’est par cette question en apparence anodine que commençait l’intervention de David Larlet aux Rencontres de Lure 2014, portant sur l’évolution du Web. Cette cartographie de nos pratiques contemporaines dessine un paysage facilement repérable, celui de quelques grands centres s’étant accaparés la plupart du trafic et des données. Devons-nous nous résigner à n’œuvrer que dans une banlieue soumise au contrôle des grands «  opérateurs  »? L’intervention de David Larlet ayant suscité de nombreuses réactions dans l’assistance, cet article sera ainsi l’occasion de poursuivre les débats par des références complémentaires aux notions développées 1 David Larlet a mis en ligne le texte et les images de sa conférence sur son site personnel  : https://larlet.fr/david/blog/2014/un-web-omni-present/. Le Web de services menace-t-il la démocratie  ? «  On utilise de plus en plus le Web comme une TV », nous dit David Larlet. Force est de constater que «  l’omniprésence  » de certains onglets dans nos navigateurs peut être vue comme le symptôme d’un recentrement problématique, où nous serions contraints de ne pouvoir explorer que des zones protégées et sécurisées. «  On a concentré un réseau qui à la base était acentré », nous dit David Larlet, «  normalement il n’y a pas d’araignée au centre de la Toile  ». La prophétie de Tim O’Reilly s’est réalisée  : le problématique «  Web 2.0  2 Pour une analyse du texte «  What is Web 2.0 » de Tim O’Reilly paru en 2004, voir  : Anthony Masure, «  Ouvertures et fermetures du ‹  Web 2.0 › », dans  : Le design des programmes, des façons de faire du numérique, 2014, http://www.softphd.com/these/web2/intro » s’est construit autour de la notion de «  plateformes  », où lorsqu’un «  service  » a du succès il emporte tout (« winners takes all »), ne laissant derrière lui que des miettes. Pensons ainsi aux voitures avec chauffeur de Uber, dont les pratiques en termes d’espionnage des utilisateurs et de non respect des lois ont tristement marqué l’année 2014  3 Voir par exemple  : Éloïse Bouton, «  Ubergate  », Brain Magazine, novembre 2014, http://www.brain-magazine.fr/article/news/21653-Ubergate, faisant dire à l’auteur Evgeny Morozov que la Silicon Valley menace la notion même de démocratie 4 Hubert Guillaud, «  La technologie est-elle un programme politique  ? », Internet Actu, septembre 2014, http://www.internetactu.net/2014/09/01/la-technologie-est-elle-un-programme-politique. Les gouvernements nationaux remplacent la régulation a priori par l’étude statistique des effets. Chacune de nos actions est susceptible d’être enregistrée, quantifiée et corrigée pour nous remettre dans le droit chemin, «  faisant de la psychologie comportementale le discours favori de la bureaucratie gouvernementale [et] effaçant tout ce qui existe comme différences entre les secteurs de la société 5 Evgeny Morozov, «  La prise de pouvoir des données et la mort de la politique  », Blog de Paul Jorion, août 2014, http://www.pauljorion.com/blog/2014/08/25/la-prise-de-pouvoir-par-les-donnees-et-la-mort-de-la-politique-par-evgeny-morozov ». Votre futur divorce vaut de l’or Le fait que quelques grands opérateurs contrôlent toute la chaîne porte préjudice à la curiosité et au développement de la personnalité. Ce renfermement a été qualifié de «  filtre-bulle 6 Voir  : Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Filter_bubble » (filter bubble), pour désigner les conditionnements invisibles opérés par les algorithmes des médias sociaux et des moteurs de recherche, «  personnalisant  » chaque requête ou chaque flux d’informations et ne nous confrontant que de moins en moins à des idées ou personnes éloignées de nos supposés «  centres d’intérêts  ». Plus encore, ces programmes au fonctionnement invisible sont désormais capables de modéliser nos existences. Là où les compagnies de cartes bleues type VISA pouvaient savoir quand un couple allait divorcer 7 Nicholas Ciarelli, «  How Visa Predicts Divorce  », The Daily Beast, juin 2010, http://www.thedailybeast.com/articles/2010/04/06/how-mastercard-predicts-divorce.html (exemple donné par David Larlet), Facebook est désormais capable de prédire votre vie sentimentale 8 Pascal Riché, «  Quand vous tombez amoureux, voici ce que voit Facebook », Rue 89, février 2014, http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/16/quand-tombez-amoureux-voici-voit-facebook-249983 par une analyse sémantique de vos messages. Ces informations hautement «  stratégiques  » sont pour ces médias l’occasion parfaite de vous proposer de la publicité «  ciblée  ». Toute trace ou action en ligne est susceptible d’être monétisée  : vos productions, relations, ou données de navigation sont le nouveau pétrole des annonceurs. Comme le dit Evgeny Morozov  : «  Quelqu’un, quelque part, finira par vous évaluer en tant que passager, hôte de maison d’hôtes, étudiant, patient, client 9 Evgeny Morozov, op.  cit. ». Pour un Web pluriel Le problème n’est pas tant dans cette collecte qui a peut être toujours existé (qu’on pense par exemple aux fichiers de la Police nationale) que dans le fait que de moins en moins d’acteurs ne soient capables de connecter toutes ces informations, la NSA ou Google par exemple. Comme dans la nouvelle de Borges 10 Jorge-Louis Borges, «  Funes ou la mémoire  » [1942], dans  : Fictions, Paris, Gallimard, 1983. où le protagoniste meurt de son hypermnésie, une mémoire infinie ne sert à rien si elle n’est pas couplée à des fonctions d’association 11 Il faut paradoxalement énormément de stockage pour retenir en mémoire – fut-ce un bref instant – tous les flux d’informations «  en temps réel  ».. Dès lors, comment faire pour qu’un certain Web «  omniprésent  » ne résume pas l’ensemble de nos activités en ligne  ? En portant attention à la façon dont nos données sont stockées (auto-hébergement 12 François Bon, «  De l’art perdu des webcams (digression) », Le Tiers Livre, décembre 2014, http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4078 : «  Ne pas confier à ces plateformes en permanente reconfiguration vos ressources ‹  lentes  ›, le fil profond de votre marche dans ce qui est la pure tradition de l’écriture  ».) et circulent (cryptage), nous pouvons alors reprendre la main et contourner les grands «  centres  ». David Larlet nous donne quelques pistes possibles en mentionnant le moteur de recherche DuckDuckGo, le service de messagerie CaliOpen, ou encore les protocoles de connexion anonymes type VPN ou Tor. S’il ne tient qu’à nous d’inventer un Web pleinement pluriel, ces démarches ne pourront cependant pas faire l’économie de réflexions politiques.

Lev Manovich, software guru

Date

septembre 2014

Type

Publication

Contexte

Anthony Masure, Robin de Mourat, «Lev Manovich, software guru», Strabic.fr, septembre 2014

Résumé

Artiste, programmeur, « historien du présent », « théoricien des nouveaux médias », visionnaire des écrans, Lev Manovich est, avec Matthew Fuller, à l’origine des software studies, groupe de recherche qui étudie les rapports des nouvelles technologies avec l’art et la culture. Prenant de la distance avec un certain nombre de discours technologiques dominants et parfois assourdissants provenant de l’industrie informatique, Manovich confronte les formes numériques de notre quotidien à une perspective culturelle plus large, particulièrement informée par l’histoire de l’art et les sciences humaines.

Conférences

2031 – Blockchains. NFT : comment ça fonctionne et quelle place vont-ils prendre ?

Date

avril 2022

Type

Conférence

Contexte

Intervention dans le podcast « 2031 - Blockchains », épisode 7, « NFT : comment ça fonctionne et quelle place vont-ils prendre ? », La Cantine et Stereolux, avril 2022.

Résumé

Du jeu vidéo à la mode, les NFT (certificats d’authenticité d’un objet virtuel) connaissent un franc succès… qui pourrait être freiné par les nombreux problèmes qu’ils soulèvent.

Enjeux des médias sociaux

Date

mars 2022

Type

Conférence

Contexte

Conférence pédagogique donnée dans le cadre du cycle « Digilunch » à destination du personnel de la HEAD – Genève et de l’ECAL.

Résumé

Apparus au milieu des années 2000, les médias sociaux tels que nous les connaissons aujourd’hui ont profondément modifié le paysage de la communication, et plus généralement de la politique et des relations humaines. En passant en revue les enjeux et le fonctionnement des principaux services (Twitter, Instagram, Facebook, Twitch, TikTok), cette conférence donne des clés de lecture de lectures pour des pratiques en art et design.

Design & attention : captation des esprits

Date

septembre 2020

Type

Conférence

Contexte

Interview pour le podcast « Design MasterClass », no 10, « Design & attention : captation des esprits ».

Résumé

Podcast «  Design MasterClass  », n o  10, «  Design & attention  : captation des esprits  », 7 septembre 2020 «  L’attention est une faculté naturelle indispensable à la survie. Pourtant, il est facile d’oublier à quel point on ne la maitrise pas. L’essor et l’accélération des technologies d’information et de communication ont donné naissance à un capitalisme cognitif dont l’ingrédient est notre attention. Aujourd’hui, l’attention que nous consacrons aux choses à une valeur marchande. Elle est constamment chassée, captée et monétisée dans ce qu’on peut appeler l’économie de l’attention. Le design, en tant que force créatrice de l’environnement attentionnel, joue un rôle primordial dans cette économie. Sylvia Fredriksson, Anthony Masure, Mellie La Roque et Lénaïc Faure sont nos invité•es pour examiner la place du design, des designers et designeuses dans cette économie de l’attention. Cet épisode à été enregistré à distance durant la période de confinement, il se compose de 3 chapitres  : – 01:30 • Chapitre 1  : Le capitalisme cognitif – 13:40 • Chapitre 2  : Le design attentionnel – 40:03 • Chapitre 3  : L’éthique et la responsabilité dans le design – 56:48 • Conclusion Vous souhaitez approfondir et mieux comprendre ce sujet  ? Nous avons compilé une liste de ressources que vous pouvez retrouver ici 👉 http://bit.ly/dmc-10-ressources. Cet épisode à été réalisé et monté par Alex Mohebbi avec l’aide de Anthony Adam. Les voix-off sont de Anaïs Texier. »

Pas vu pas pris : le code comme entité managériale

Date

février 2020

Type

Conférence

Contexte

Communication au colloque « Vues & Données. De la prise de vue à l’épreuve de la donnée comme histoire matérielle de l’image ». Organisé par l’École nationale supérieure de la photographie. Cette conférence prend la forme d’une performance construite à partir d’une story Instagram « à la une » (story highlight) : les propos ont donc été construits à partir de l’agencement chronologique des images sélectionnées.

Résumé

La démultiplication et la collecte des « données » numériques à grande échelle, sur lesquelles les citoyens n’ont que peu de « prise », prolonge, dans le champ psychique, la vieille utopie de mesurer chaque entité matérielle du monde. L’invisibilisation (la soustraction à la vue) des opérations de calcul et de traduction propre à l’informatique masque les idéologies (politiques, etc.) qui les sous-tendent : comment faire pour que le code informatique n’ait pas pour seule visée le management des êtres humains ?